lundi 13 juin 2016

Vendredi 3 juin.


La température est tombée cette nuit mais pas la force de sortir du lit. Le médecin revient me voir et me fait une 3ème ordonnance, sur une autre feuille déchirée dans mon cahier. Pas de gaspillage de médicaments ici. Le pharmacien donne les sachets à l’unité et découpe le nombre de cachets prescrit par le médecin.

 

Pendant ce temps, Fanfan, Jeff et Stef  vont visiter la mine de Potosi. Une visite physiquement et psychologiquement éprouvante. Ils en reviennent très fatigués mais contents d’avoir fait cette visite.

«  Les mines de Potosi sont toujours exploitées, dans des conditions qui n’ont que peu évolué depuis le XIXème siècle.

Aujourd’hui on y dénombre environ 200 mines, d’une profondeur maximale de 450 m, soit 17 niveaux.

Le coût de l’extraction de l’étain n’étant plus rentable, l’état a largement licencié et il a encouragé les mineurs à continuer à y travailler en s’organisant en coopérative privée. »

C’est avec d’anciens mineurs reconvertis qui ont montés une agence pour faire visiter la mine que mes 3 compagnons vont faire la visite. Le chef d’agence va leur expliquer le fonctionnement de l’agence, de la coopérative et leur parcours.

Le 1er guide, spécialisé dans la dynamite,  va leur expliquer comment ils creusent les tunnels. Pioche, dynamite, wagonnet pour dégager les galeries.

Comment ils suivent les filons, l’étayage, l’évacuation.

Puis il leur explique que les mineurs s’approvisionnent dans des boutiques privées où ils achètent leur nourriture et aussi le matériel nécessaire pour le travail à la mine.



Ils y achètent des feuilles de coca, des boissons gazeuses, du jus de fruit, un bâton de dynamite, de l’alcool à 96° consommable !, pour offrir aux mineurs rencontrés lors de leur visite.




Le 2ème guide, 29 ans, qui a travaillé dans la mine à partir de 12 ans et qui n’y travaille plus aujourd’hui à cause de ses poumons très malades,  les équipe de combinaisons, casques, bottes, lampe frontal






Il leur montre le traitement du produit brut d’où ils extraient le minerai : plomb/ zinc/ cuivre / argent / étain, grâce à des procédés chimiques. Comme ça coûte trop cher aux Boliviens, la mine est exploitée par des multinationales étrangères.


Une fois séparé, le minerai est emballé puis exporté. Sur 100 tonnes de produit brut, on récupère 12 tonnes de produit fini. Les déchets restent dans la nature, autour de l’usine et il suffit se promener près des rivières des alentours pour comprendre où est  déversé l’eau utilisée !!! Elle est traitée mais jugée impropre à la consommation, elle sert à arroser les terres agricoles !!!

Les mineurs travaillent soit en coopérative, ce qui leur permet d’avoir une couverture sociale et une retraite ! (leur espérance de vie ne dépasse pas 45/50  ans), soit en individuel sans aucune couverture sociale.

 
« Si les hommes continuent de descendre dans la mine c’est qu’il gagne en moyenne 1200  à 2500 bolivianos par mois quand le salaire minimum est de 800 Bs et qu’un prof ou un employé de banque  ne touche pas plus de 1500 Bs. Il est responsable de sa production, travaille quand il veut et le temps qu’il veut parfois 24h d’affilé. Son revenu dépend de son filon.

Il paie à la coopérative qui lui assure le droit d’exploiter son filon 30/100 de son salaire et achète son matériel.

En général, les mineurs travaillent en petites équipes, en famille le plus souvent.

Aujourd’hui, les coopératives font travailler environ 6000 mineurs. Quelques entreprises emploient aussi des mineurs salariés. Ils gagnent moins qu’en coopérative mais leur salaire est fixe. »

 

 

 
 
 


 

4 commentaires:

  1. Il faut avoir confiance quand on a une ordonnance sur une feuille du journal.

    Si tu vous n'aviez eu qu'une tablette ???

    Remets-toi vite !

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    1. Pas le choix de faire confiance...
      Quand on n'aura plus que des tablettes, il restera toujours le P.Q !
      je vais beaucoup mieux et nous avons repris notre route, avec un retard d'une bonne dizaine de jours sur le blog. Pas beaucoup de connexion et je suis encore trop fatiguée pour rester à préparer le blog le soir.
      Bises aux nantais.
      Bisous aux nantais.

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  2. Pour les soins....c'est un autre monde!!!Pas de dépenses inutiles au moins...
    Je te souhaite d'être vite sur pieds afin de pouvoir reprendre ton périple.Bisous

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    1. Je suis tombée sur un médecin hyper professionnel qui a très vite réagi face à la déshydratation qui est venu me voir 3 fois et qui nous a laissé son numéro perso.
      Nous avons repris notre périple. Nous sommes à Arequipa, belle ville coloniale que nous partons visiter avant de prendre la route pour le canyon de Colca. Nous avons retrouvé la chaleur. 26° à 9 heures et nous sommes redescendus de + de 1000 m, ce qui fait du bien à l'organisme. Bises à tous les 2.

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